DRESS CODE - TENUE OBLIGATOIRE
NUIT DÈMONIA + NUIT ÉLASTIQUE
+ PERVARTY + NUIT PARALLÈLE + FETISH ASSEMBLY

Pour pouvoir entrer et participer aux soirées fétichistes parisiennes ci-dessus
vous devez respecter obligatoirement le dress code vinyle-latex-cuir ci-dessous.

La règle est simple, très très simple :
vous devez avoir (au minimum) le pantalon ou la jupe
dans l'une de ces 3 matières (en vinyle, en latex ou en cuir)
lors de votre passage à l'entrée de la soirée.
La couleur n'a pas d'importance.
La règle vaut pour tout le monde, travestis et uniformes y compris.
Et pour le reste de votre tenue vous êtes libre (mais restez dans le style, c'est mieux).

Si vous ne respectez pas cette règle l'entrée vous sera refusée que vous soyez
un homme, une femme, un travesti ou un couple.

Comme quelques photos valent mieux qu'un long discours, voici quelques exemples concrets :

CUIR HOMMES
LEATHER MEN
CUIR HOMMES
LEATHER MEN
HOMMES
MEN
CATSUIT
UNIFORME
UNIFORM
ROBE ROUGE
DRESS
SOUBRETTE
MAID
PANTALON
PANTS
     
INTERVIEW : POURQUOI LE DRESS CODE ?

Photo : Agnès Giard

Nous avons posé à Francis Dedobbeleer
(co-organisateur des soirées concernées)
les questions les plus fréquentes et les plus entendues à ce sujet.

Pourquoi est-il important d'imposer un "dress code" ?
L'idée est aussi ancienne que les soirées fétichistes. Tout d'abord le verbe "imposer" me semble totalement inaproprié puisque nos soirées ont pour but de réunir les fétichistes du vinyle, du latex et du cuir ce devrait donc être un plaisir pour tous les participants et non pas une obligation. Si, depuis le début il y a plus de 15 ans maintenant, nous imposons cette règle c'est pour que nos soirées ne deviennent pas un zoo qui les non-fétichistes viendraient observer et se moquer des fétichistes. On pourrait croire qu'il s'agit d'une règle inutile mais l'expérience m'a prouvé qu'elle est l'essence même de ce qui fait l'originalité des soirées fétichistes et que c'est ce qui les protège de toutes les dérives.

Quelles dérives ?
Les personnes qui ne se plient pas au dress code vinyle-latex-cuir (certaines soirées ont fait l'expérience d'ouvrir leurs portes à tout le monde) deviennent souvent très rapidement agressives et violentes, après un petit moment d'adaptation et deux verres pris au bar elles tiennent des propos très "normatifs" et j'ai même pu assister à l'agression de travestis qui participaient également à ces soirées, à des comportements extrêment machos où les femmes présentent étaient traitées de "putes" ou même à l'interdiction de pratiques sexuelles dans l'enceinte de la soirée pour ne pas choquer les non-fétichistes, un comble quand même. Alors que, curieusement, dès que l'on oblige ces mêmes personnes à porter un pantalon en vinyle, latex ou cuir leur comportement ne se pose plus de problème.

Mais pourquoi ?
Sans doute parce que cela devient un peu bizarre de se moquer de la tenue de quelqu'un alors que l'on est soi-même habillé exactement de la même façon. C'est aussi bête, c'est aussi simple que ça.

Votre règle vinyle-latex-cuir compte-t-elle également pour les fétichistes des uniformes et les travestis ?

Jusqu'ici nous étions très ouverts quant aux fétichistes des uniformes et aux travestis mais il y a depuis quelques temps de tels abus que nous avons décidé de devenir plus sévères. En fait d'appliquer la même règle pour tout le monde.

Des abus ? Mais qu'entendez-vous par là ?
Quand nous avons ouvert nos soirées aux fétichistes des uniformes, ce qui n'était pas le cas lors de nos premières soirées début 90, nous pensions accueillir toutes sortes d'uniformes : soubrettes, majordome, infirmière, médecin, pompier, flic, militaire, etc. Ce fut d'ailleurs le cas pendant quelques temps où la variété des uniformes était assez grande et puis, je ne sais pas trop pourquoi, ça n'a plus été le cas soudainement. Il n'y a eu plus que deux types d'uniformes : des uniformes militaires et des personnes en blouse de médecin, les premiers donnant un côté de plus en plus "politique" à nos soirées par leur nombre croissant et les seconds ne faisant vraiment aucun effort. Certains avaient trouvé le truc, je mets une blouse de médecin par-dessus ma tenue de ville et, hop, j'entre dans toutes les soirées fétichistes. S'ils étaient vraiment fétichistes des blouses blanches ils seraient sans doute nus sous leurs blouses et c'est loi d'être le cas.

Les uniformes sont-ils interdits désormais ?
Mais pas du tout ! Seulement il ne faut pas perdre de vue que nos soirées ne sont pas des soirées pour les fétichistes des uniformes réalistes (et certains uniformes sont vraiment un peu trop réalistes à notre goût) mais pour les fétichistes du vinyle, du latex et du cuir. Il n'est pas bien difficile de satisfaire au dress code en mettant un pantalon en cuir par exemple. Les SM gays n'hésitent pas à opter pour un uniforme très cuir, c'est à la fois plus sexy, moins réaliste et plus équitable. Regardez les femmes, elles viennent depuis longtemps en tenue d'infirmière de vinyle blanc ou en latex vert, elles viennent en tenue de soubrette en vinyle, cela ne leur pose pas de problème, c'est pourquoi je n'ai pas qu'inquiétude.



Même les tenues d'étudiantes
existent en vinyle !

Et pour les travestis quel est le souci ?
Le problème ne vient pas des véritables travestis qui ont toujours été à la fois peu nombreux mais extrêment respectueux et joyeux dans nos soirées. Le problème vient, une fois encore, de ces hommes qui font tout et n'importe quoi pour tricher. Ils enfilent une jupe en tissu classique, passent un collant sur leurs jambes poilues et se collent une perruque de Carnaval sur la tête. Ils ne sont ni sexy, ni vraiment travestis. Les pires sont sans doute ces hommes qui s'habillent, si on peut dire, en femmes parce que rien n'est plus humiliant que d'être une femme. C'est une vision très macho finalement. Bref, par respect pour les femmes et les vrais travestis nous devons être désormais plus sévères. Il faudra donc avoir une jupe en vinyle-latex-cuir même si on est travesti. Finalement tout le monde sera logé à la même enseigne, l'égalité sera totale et parfaite.

Mais en devenant plus sévères ne risquez-vous pas de devenir élistes ? C'est cher le vinyle, le latex et le cuir, non ?
J'entends souvent cette réflexion, elle est absurde. Tout d'abord, comme je l'ai déjà dit, ce ne devrait pas être un achat bien pénible de devoir acheter des vêtements en vinyle-latex-cuir quand on est fétichiste de ces matières. Ensuite il est totalement faux que les vêtements dans ces matières soient chers, on trouve des robes en vinyle à 40 €, des jupes à partir de 35 € et des pantalons en vinyle à 70 € * ! Ce n'est pas plus cher que des vêtements en jean ! C'est donc un faux débat.

* prix relevés à la Boutique Dèmonia (Paris) en dehors de toute promotion et des soldes (où les tarifs sont encore plus intéressants). Vous pouvez bien sûr acheter votre tenue dans la boutique de votre choix, ceci n'est qu'un exemple.

Ne risquez-vous pas de perdre des clients et de l'argent en agissant ainsi ?
Il faudrait savoir. Tantôt on me dit que je ne suis intéressé que par l'argent en "forçant" les gens à acheter des tenues en vinyle, en latex et en cuir alors que tout le monde est libre d'acheter ces tenues où bon lui semble. Ensuite on me dit que je risque de perdre des clients et donc de l'argent. Mais il faut savoir que le but des soirées n'est pas de faire de l'argent à tout prix, ça ne m'intéresse pas, si c'était l'argent qui m'intéressait je ferais sans doute un autre métier. Vendre de l'électricité, de l'eau, des meubles ou des fringues en coton ça rapporte autrement plus d'argent. Et je refuse le chantage que j'entends trop souvent à l'entrée de mes soirées, des clients à qui nous refusons l'entrée parce qu'ils ne respectent pas le dress code. Ils nous lancent de grandes phrases telles que "si c'est comme ça vous n'aurez pas notre argent !". D'une certaine façon ils ont raison, nous ne voulons pas de leur argent, l'argent ne doit pas servir de passe-droit. Je préfère faire entrer gratuitement de véritables fétichistes que d'accepter l'argent de ceux qui ne le sont pas et qui n'ont donc rien à faire chez nous.

N'est-ce pas une forme de ghetto ?
Mais quel ghetto ? Il y a plein de soirées, sexy, dansantes ou autres. Il y a tout ce que l'on peut désirer à Paris. Personne n'aurait l'idée d'exiger d'un restaurant chinois qu'il nous serve un moules-frites, personne n'aurait l'idée de demander que l'on fasse le silence dans une soirée techno sous prétexte qu'on aime pas ce genre de musique, personne n'exige des disquaires qu'ils se mettent à vendre des chaussures... Quand on vient dans mes soirées on sait pourquoi et on sait ce que l'on peut en attendre. Qui plus est mes soirées sont paradoxalement les plus ouvertes puisque l'on y trouve des personnes de tout âge, de 20 ans à 70 ans, des hétéros, des gays, des lesbiennes, des bisexuels, des travestis, des transsexuelles, des minces et des gros, des personnes de toutes les races, des fans de tous les genres musicaux possibles et imaginables... Je ne crois pas que beacoup de soirées puissent se targuer d'autant d'esprit d'ouverture. Un jour, en 2004 lors de la Nuit Dèmonia, un journaliste de Arte m'a dit qu'il n'avait jamais vu une soirée aussi ouverte. Je pensais qu'il me parlait de ce mélange des orientations sexuelles et des cultures mais non, il me parlait du fait que les handicapés sont acceptés chez nous. Eh oui, c'est fou ça, je ne savais même pas qu'on refuse l'entrée de nombreuses boîtes aux handicapés. Je ne savais pas que je posais là un "acte politique", à vrai dire ça ne m'avait même jamais traversé l'esprit de refuser quelqu'un qui est manchot ou qui est en chaise roulante. Alors parler de ghetto c'est vraiment n'importe quoi, nous n'avons de leçon à recevoir de personne en la matière.